Dans la continuité de ma soif de découverte des anciens pays du bloc soviétique, et plus généralement d'Europe de l'Est (au sens large), nous avions cette fois opté pour un des pays les plus lointains, à la limite de l'asie: La Géorgie, pays montagneux du Caucase et pays natal de Staline avec une histoire riche et des paysages apparemment à couper le souffle.
Pays assez méconnu, je m'étais petit à petit renseigné à son sujet au fil de mes recherches sur les pays de l'ex-bloc soviétique et il a tout de suite retenu mon attention, notamment par la diversité des paysages qu'il semblait contenir (du désert aux montagnes glacées), mais aussi car il y perdurait de nombreux vestiges de l'URSS, les habitants étant plus attachés qu'ailleurs à leur histoire soviétique (sans doute en partie car Staline était originaire du coin). 
Ayant eu une bonne opportunité au niveau des billets d'avion, je me suis envolé de l'autre coté de la mer Noire avec Pierrick et Louis, à la veille de la crise du Covid-19 dont nous ignorions tout de l'ampleur qu'elle prendrait peu de temps après.
A force de parcourir les pays de l'Est, rudes et même parfois assez hostiles, nous avions anticipé et prévu de quoi rester le plus autonome possible pour éviter les déconvenues et les pertes de temps inutiles.

1er JOUR : Aéroport & route vers l'intérieur du pays
Après une étape chez Pierrick à Orléans, où nous nous sommes retrouvés tous les trois, nous avons fait route jusqu'à Beauvais en pleine nuit.
A l'aéroport, nous avions été très étonnés de se retrouver parmi des flots de gens, la plupart étrangers, tous masqués (à ce moment là, on ne parlait même pas du port du masque en France).  Les gens remplissaient les files d'attentes, massés et plus fébriles que d'habitude, comme pressés de quitter le pays, inquiets de la pandémie qui se dessinait à l'horizon.
A ce moment là, toute cette agitation et ces masques nous ont plus fait sourire qu'autre chose, jugeant les gens qui nous entouraient de paranoïaques.
L'avion finit par décoller, après quelques galères avec la sécurité à cause des batteries de mon drones qu'ils auraient prises pour des explosifs. Durant le vol nous avons discutés avec deux géorgiens vivant en France, et parlaient donc français, ils nous donnèrent quelques conseils sur des endroits à aller voir ainsi que sur des détails pratiques. 
En arrivant, nous avons pu observer par les hublots la côte géorgienne sur la mer Noire et les montagnes du Caucase au loin derrière.
Au bout de 4H30 de vol, l'avion s'est posé sur le tarmac de l'aéroport de Koutaïssi, 2eme ville la plus importante du pays ( de toute façon il n'y a que 2 "grandes" villes dans le pays, Koutaïssi et Tbilissi, la Capitale.).
En débarquant nous avons tous eu droit à un test de température, toujours dans le cadre du COVID, qu'ils semblaient prendre beaucoup plus au sérieux que chez nous.
Puis, sur les conseils de nos amis de l'avion, nous nous sommes dirigés vers un kiosque dans le hall pour acheter des cartes SIM prépayées, car nos cartes françaises ne fonctionnaient pas ici.
Enfin, dernière étape avant de pouvoir "commencer" le voyage, nous avons rejoint sur le parking le type à qui j'avais loué un 4x4, un Duster, nécessaire vu l'état du réseau routier, notamment dans les zones où nous voulions nous rendre.
Avec le décalage horaire, il était déjà 16H30 lorsque l'avion s'était posé. La journée commençait doucement à tirer à sa fin alors nous avons filé sans attendre, chargeant les sacs dans le coffre du 4x4 pour prendre la direction de Gori en plein centre du pays.
La route était longue et encombrée de camions de fret, c'était l'axe principale qui traverse le pays d'Est en Ouest ralliant les quelques villes d'importance, dont Gori. Elle serpentait entre des montagnes arides et hautes où des travaux titanesques étaient entrepris pour améliorer son parcours. Nous avons vu beaucoup de chantiers de ponts, de tunnels perçant les montagnes pour tirer au droit plutôt que de zigzaguer autour des montagnes dans le fond de la vallée. 
La nuit est vite tombée, surtout au fond de ces vallées encaissées, et lorsque nous avons retrouvé la plaine, il faisait déjà nuit noire. Un rapide arrêt dans une épicerie au bord de la route pour prendre de quoi déjeuner le lendemain matin puis nous avons rallié notre logement chez l'habitant dans la banlieue de Gori. En nous voyant débarquer, il a réalisé qu'il nous avait totalement oublié et avait déjà loué sa chambre. Bon prince, il nous a mené chez sa mère à quelques rues de là qui louait aussi parfois une partie de sa maison, et nous avons pu disposer de toute l'étage.
Une fois le logement investi, nous sommes allé à la recherche d'un restaurant dans les environs pour le repas du soir. Nous avons atterri dans un petit restau de quartier tout en bois, où se tenait déjà un gros banquet de famille. Dans notre coin, nous avons commandé plus ou moins au hasard car la carte n'était pas traduite. On s'est retrouvé avec des plats copieux de viandes en sauce, très très épicés mais tout de même délicieux. 
Nous nous en sommes tirés pour 7€ par personne, incluant 2 bières chacun, une soupe et le plat principal. C'est une habitude que nous avons pris dans ces pays, de diner tous les soirs dans des restaurants ou des boui-bouis. 
Cela évite de trimballer la nourriture dans la voiture tous les jours comme nous changeons de logement à peu près chaque soir et ça nous permet aussi de découvrir la cuisine locale. D'autant plus qu'un repas nous coûte rarement plus de 8€ et que le midi nous mangeons à la va-vite pour gagner du temps, bon plat copieux le soir est donc toujours bienvenu.
2ème JOUR : Gori, monastères & Tbilissi
Au lever du jour, la vieille dame chez qui nous logions a toqué à la porte pour nous apporter un plateau de nourriture pour le petit déjeuner: 3 cafés, du pain tranché, du fromage et des saucisses industrielles russes roses fluo. Habitués à avaler ce genre de repas suspects, nous avons rapidement déjeuné sur la table basse avant de refaire nos sacs, saluer la patronne, puis grimper dans la voiture pour se rapprocher du centre ville de Gori.
Gori est une petite ville, avec un centre assez restreint et des banlieues résidentielles assez étalées tout autour dans la plaine. Notre première étape, au petit matin fut la vieille forteresse de la ville, perchée sur sa colline en plein centre.
Ruine plutôt bien préservée, elle n'était pas accessible lorsque nous nous y sommes rendus au lever du jour, et de toute façon nous ne comptions pas la visiter, juste l'observer d'en bas et faire voler le drone au dessus pour capturer quelques belles images.
En face de là où nous nous étions arrêtés, il y avait une jolie église où l'écriteau à l'entrée était étonnamment écrit en français. Il s'agissait de " l'Eglise Française de Gori ". Je ne sais pas bien pourquoi et comment ce site existait, mais nous y sommes entrés pour admirer les peintures murales et la décoration bien plus riche et chargée que dans nos austères églises de l'hexagone.  Près de l'autel, des peintres s'activaient, rénovant les fresques ancestrales avec minutie. Je suis resté les observer un certain temps tandis que Louis et Pierrick faisaient le tour des reliques sous verre disposées ici et là.
En sortant de cette église, nous avons pu assister à une procession qui démarrait dans la cour et partait je ne sais où dans la ville à grands renforts de chants et de cloches sonnées à bras le corps.
Nous sommes ensuite revenus dans le centre-ville, sur la place principale, un immense rectangle bétonné, parsemé d'arbres et de bassins vides depuis longtemps. Gori est la ville natale de Staline, et de ce fait, les habitants de la ville lui vouent un culte fort, cette place s'appelle d'ailleurs le "Stalin Park" et on trouve au bout un musée entièrement consacré au dictateur.
Le plus intéressant de ce musée est l'espèce de temple qui a été bâti autour d'une très vieille maison de bois, celle-là même ou Staline est né. Le reste du quartier a été rasé pour laisser place au musée, de son vivant, et seule sa maison subsiste logée sous une sorte de temple devant le musée. Juste à coté trône aussi une statue du dictateur. C'est quasiment un lieu sacré pour les nostalgique de l'URSS et sans aucun doute le lieu touristique majeur de la ville.
Nous n'avons pas pu visiter le musée car fermé à cause de l'épidémie de Covid, nous avons donc simplement fait le tour du bâtiment, observant quelques reliques, tel le wagon de train personnel de Staline, déplacé jusqu'ici depuis Moscou.
Au delà du musée nous avons fait un petit tour à pieds autour de la place et les rues alentours, qui étaient particulièrement calme, pour ne pas dire désertes. Une ambiance étonnante qu'on retrouve assez souvent dans les pays de l'Est et qui contraste avec nos centres-villes hyperactifs.
Après cette balade dans Gori, nous sommes sortis de la ville pour prendre la route direction le Sud, vers les montagnes. A 1h30 de route de Gori, au fin fond d'une vallée aride, se trouve un petit monastère très ancien et son Eglise "Atenis Sioni" bordée des jardins et vergers que les moines entretiennent avec soin. 
Les distances ne sont pas forcément immenses, mais les routes, faites de terre battue, avec souvent des éboulements ou des passages étroits à dépasser prudemment allongent vite les temps de route. 
Nous avons dépassé quelques villages "reculés", de simples maisons faites de bois bordant la route qui le traverse dans sa longueur, quelques paysans dans le bas de la vallée brûlaient les herbes sèches, enfumant toute la montagne et le village au passage. Juste à la sortie du village, sur un piton rocheux se dresse l'église flanquée du minuscule monastère. Nous avons été accueillis par un moine qui nous a ouvert le portail et nous a ensuite laissé déambuler librement dans les jardins et dans l'église. Le promontoire derrière l'église offrait une belle vue sur la vallée en contre bas et sur les montagnes tout autour.
Louis est parti discuter avec le moine qui nous avait accueilli, qui lui montra les quelques ruches du monastère, ainsi que les produits de leur jardin qu'ils vendaient. Il en profita d'ailleurs pour acheter un sachet de grains de poivre et d'autres épices ainsi que des bougies de prière fabriquées avec la cire des ruches.
J'ai apprécié ce moment un peu loin de tout dans un monastère désert au fond d'une vallée perdue, un sentiment de calme et de sérénité se dégageait de l'endroit. En me baladant dans les jardins ou sur les terrasses je m'imaginais la vie de ces moines, fonctionnant en communauté quasi autarcique, une vie frugale et simple qui je pense peu avoir certains attraits.
En quittant le monastère, nous avons dû rebrousser chemin car la route menant au fond de la vallée finissait en cul-de-sac, nous sommes alors repassés au travers de ces villages isolés où nous avons fait quelques arrêts afin que je prenne des photos depuis la route qui les traversent. Il n'y a pas ou quasiment pas de rues transversales, la plupart des habitation sont simplement bâties le long de cette route. Cette configuration me rappelait un peu les villes du Far-West telles qu'on les voit souvent au cinéma. 
La route nous a donc ramené dans la périphérie de Gori, où cette fois nous avons bifurqué vers l'Est, suivant le fleuve Koura qui traverse une bonne partie du pays dans sa largeur.
Notre étape suivante se trouvait d'ailleurs sur les rives de ce cours d'eau à une dizaine de kilomètres de là. Un village troglodyte ancestral taillé dans les falaises bordant le fleuve.
Uplistsikhe est une cité creusée sous terre datant de plus de 3000 ans et habité jusqu'au début des années 1900. Le gouvernement en a aujourd'hui fait un site classé qu'il est possible de visiter. Mais comme à Gori, en arrivant nous avons découvert une barrière sur la route, avec une affiche signalant la fermeture du site à cause du Coronavirus.
2ème échec de la journée, nous commencions à ressentir une certaine frustration. Ce site est situé dans une zone désertique très aride, la route pour y mener fait réellement penser à un désert, un paysage presque totalement minéral si ce n'est quelques touffes de buissons desséchés ici et là. Tout est jaune, sablonneux, le 4x4 laissant des nuages de poussière jaune et opaque sur son passage.
Non loin de cette barrière, 2 vendeurs avec leurs petits étals semblaient vouloir persévérer dans leur commerce ici malgré la fermeture, espérant sans doute vendre à des gens comme nous, qui viendraient sans savoir que le lieu est inaccessible. 
Ces deux hommes vendaient quelques sachets de fruits secs, du jus de fruit pressé à la demande, nous en avons d'ailleurs acheté chacun un, mélange de jus de grenade et d'orange pressées à la main devant nous.
Le plus ancien des deux insista pour nous faire gouter un alcool artisanal local vendu des des bouteilles d'eau réutilisées. Nous doutant du contenu des bouteilles pour avoir déjà pu apprécier divers alcools maisons en Roumanie et en Bulgarie, nous avons laissé à Pierrick le plaisir de déguster en premier cette boisson. Comme prévu c'était fort, très alcoolisé, et il manqua de s'étouffer sous nos sourires et le rire franc des deux camelots. Finalement après l'avoir goûté à mon tour, je l'ai trouvé plutôt bon, moins "violent" que la Palenka roumaine, qui ressemble plus à du kérosène qu'autre chose, et surtout avec un vrai gout fruité. 
Après avoir bavardé un peu, tant bien que mal, nous avons fini par leur acheter une bouteille en prévisions des froides soirées dans le Caucase, puis nous avons fait demi-tour, reprenant notre route vers l'Est.
Sur ce trajet nous avons traversé pas mal d'environnements différents, à commencer par la zone désertique que nous avons quitté en traversant un pont militaire "provisoire" installé à coté de l'ancien pont suspendu totalement effondré. Ce pont militaire sensé être provisoire semblait être là depuis plusieurs dizaines d'années et je pense qu'il restera encore longtemps en place vu l'état du réseau routier dans le pays. Les autorités ne semblent pas empressées, ou n'ont pas les moyens, d'entretenir les infrastructures, qui pour la plupart datent de l'ère soviétique. Construction solides qui finissent quand même par subir le poids des années, ce qui fait qu'aujourd'hui le bitume est défoncé quand il existe sur les routes, les ponts sont délabrés, la signalisation est réduite à son strict minimum.
Seul l'unique autoroute reliant la côte à la capitale, traversant le pays dans sa largeur et passant par les peu nombreuses "grandes" villes du pays, semble entretenu et en très bon état. Il faut dire que vu le nombre de camions qui transitent entre les ports industriels à l'Ouest et la capitale, voir les pays à coté, il est impératif de garder un œil sur ce parcours.
Nous avons aussi été bloqués plusieurs fois derrières des troupeaux de vaches ou de moutons, menés par leurs bergers à l'œil placide, ignorant royalement notre présence. Nous commencions, comme en Roumanie, à voir les gens se déplacer en charrettes, tirées par des bœufs, ou le plus souvent de petits ânes bruns.
Notre objectif était d'arriver à Mtskheta, petite ville du centre du pays, un peu avant Tbilissi, et haut centre historique et religieux de la Géorgie. Avant d'arriver, la route nous a fait passer sur les hauteurs d'une immense plaine ou se dessinaient à l'horizon les silhouettes des contreforts de la chaine du Caucase. Nous avons fait une pause pour observer ce panorama, difficile à appréhender du regard tellement l'étendue était immense, et encore bien plus avec mon appareil. 
Sentiment de frustration qui m'arrive toujours quelques fois en voyage, quand je me trouve devant un panorama ou une scène particulière, si singulière ou souvent aux proportions si énormes que je sais d'avance qu'aucune photo ne saura rendre l'immensité du lieu et de ses perspectives. J'essaie toujours néanmoins, ne serait-ce que pour mon souvenir, mais rien qu'en regardant sur l'écran boitier de l'appareil, je vois déjà que ma photo sera bien en dessous de la réalité.
Arrivés dans le centre de Mtskheta, nous avons laissé le 4x4 non loin de la cathédrale pour aller la visiter derrière ses murs  fortifiés, ainsi que ses jardins et les le centre ville médiéval tout autour. Petite ville perchée au sommet d'une falaise surplombant la rivière Koura et son affluent qui le rejoint juste à cet endroit. Très touristique et axée la religion, avec de nombreux bâtiments et monuments chrétiens à visiter.
Il y a aussi énormément de "boutiques à touristes" fast-foods, boutiques de souvenirs et autres goodies à touristes, qui brisent le charme du centre ville antique.
L'intérieur de la cathédrale était particulièrement magnifique à découvrir, comme toujours dans les églises orthodoxes où le décor est souvent chargé de dorures et de boiseries.
La ville étant trop touristique à notre goût, nous avons fait notre petit tour pour "voir" ce qu'il y avait à voir, puis sans nous attarder nous sommes repartis juste à la sortie de la ville par le Nord, pour aller voir une tour de guet en ruine sur un piton rocheux qui surplombe la rivière en contrebas.
L'endroit était totalement laissé à l'abandon et nous y étions seuls et depuis le haut de la muraille nous avions une superbe vue sur le delta et la ville un peu plus bas.
Nous avons ensuite rapidement mangé un morceau au pied de cette tour avant de traverser le cours d'eau pour rejoindre la montagne juste en face de Mtskheta.
Au sommet de ce pic surplombant la rivière se trouve un autre monastère, celui de Djvari; très touristique, il y avait énormément de monde sur le site, donc nous avons simplement fait un petit tour à l'intérieur, et surtout profité de la vue sur la ville en face de nous et le paysage montagneux découpé par les cours d'eaux bleutés.
Sans plus nous attarder, nous sommes ensuite repartis en direction de Tbilissi, la capitale, à moins d'une heure de route vers le Sud en empruntant l'unique autoroute du pays. J'ai d'ailleurs été surpris de voir des panneaux indiquant la direction de Téhéran, me rappelant soudain que nous n'étions pas si loin que ça du Moyen-Orient.
Dès notre arrivée dans la ville, nous avons été déposer nos sacs de voyage dans le logement que nous avions loué pour la nuit dans un quartier résidentiel non loin du centre-ville. Un vaste appartement resté figé dans les années 80. 
Nous avons laissé le 4x4 dans la rue, puis nous sommes repartis à pieds visiter la ville.
Tbilissi n'est pas si grande si on la compare à une capitale européenne, tout le centre se visite à pied en une heure ou deux à peine, et c'est tant mieux. La ville est traversée par le fleuve Koura, le même qu'à Mtskheta. Le centre historique est assez varié, mélangeant une quantité impressionnante d'édifices religieux, des zones "sovietisées" dans les années 60 et quelques rares immeubles modernes. La vie y semble agréable, loin de la frénésie qu'on attendrait dans une capitale de pays, énormément de boutiques on gardé leur aspect et leur fonction traditionnelle, comme des tisseurs de tapis, des apothicaires ou encore de la cuisine de rue.
Nous avons commencé par la "place de la liberté" à l'ambiance soviétique, puis les petites rues du centre historique, la cathédrale et enfin nous avons traversé le pont pour aller observer les rives et les quais du fleuve.
Tbilissi est bâtie sur une zone à forte activité géologique, qui produit de nombreuses sources d'eau chaude sulfurées. Il existe donc de nombreux "bains", en ville, établissements de toutes tailles proposant de faire trempette dans cette eau chaude. 
Le plus ancien établissement de la ville, "Bains N°5", date de l'époque romaine, et nous avons décidé de finir la journée en y allant.
En sous-sol, pour à peine 3€ nous avons eu accès à un salon avec un thé servi et la salle privée des bains elle même comprenant 2 bassins, un chaud et un froid. Le chaud était si brulant que j'ai bien mis 10 minutes avant d'arriver à m'y immerger. Il était encore plus chaud que celui que j'avais pu tester en Dominique.
Après s'être pris pour des romains pendant une petite heure, nous sommes ressortis délassés par cette pause improvisée pour aller diner dans un petit restaurant à coté de notre logement. Nous avons pu découvrir une des spécialités géorgiennes, les rinkhalis, genre de raviolis énormes, remplis de viande en sauce. Le genre de plat dont on se gave jusqu'à ne plus pouvoir se lever de sa chaise. Puis nous avons fini la soirée à l'appartement, à boire quelques verres de chacha acheté devant la cité troglodyte.
3ème JOUR: Reliques de l'URSS et traversée du désert
Comme d'habitudes nous nous sommes levés aux aurores, pour partir rapidement du logement et profiter de la journée.
Avant de quitter la ville nous avons déjeuné dans un café (Radio Café) avant de traverser à pieds un des nombreux ponts qui enjambaient la rivière car nous avions aperçu un genre de brocante de l'autre coté.
Nous nous y sommes baladés tout un moment, découvrant avec curiosité des reliques de l'ère soviétique qui abondaient sur les petits étalages. 
Je pense que les locaux ont conscience de la curiosité des occidentaux pour cette période, et mettent en avant pas mal d'objets de cet univers. J'ai fini par acheter une médaille militaire soviétique ainsi qu'un étuis à passeport gravé des lettres SSSR et de la faucille et du marteau.
Louis s'est procuré des roubles de la même époque et Pierrick est reparti avec un appareil photo reflex Zenith complet et fonctionnel, âprement négocié.
On y trouvait aussi un bic-à-brac improbable, comme des peaux d'ours, des massues de combat, des armes à feu de la 2ème guerre mondiale et bien d'autre choses dont on ne savait même pas ce que c'était.
Une fois cette petite balade matinale terminée, nous sommes sortis de la ville en direction de l'Est. Pour cela nous avons emprunté la route principale qui longeait la rive nord du fleuve, nous permettant de saisir quelques points de vues sur la ville sous la lumière du matin.
Ayant dépassé Tbilissi, nous commencions à nous enfoncer dans les coins les plus reculés du pays, cela se voyait notamment quand nous traversions les quelques villages sur notre route, semblant sortir d'un autre temps. Où quasiment aucune technologie n'était visible, ni voiture, ni câbles électriques ou téléphoniques, pas la moindre publicité, le moindre commerce moderne.
Après une heure de route, nous avons fait un arrêt à coté de Ninotsminda, aux pieds des montagnes pour découvrir une cathédrale en ruines, bien cachée derrière ses murailles. Le couvent attenant à l'ancienne cathédrale est toujours actif, et nous avons dû demander leur autorisation pour pouvoir pénétrer dans l'enceinte.
La cour était au final assez petite et les ruines trônaient au beau milieu de celle-ci, impressionnantes. Certaines voûtes toujours debout abritaient encore quelques peintures moyenâgeuses et les sœurs déambulaient tout autour pour vaquer à leurs occupations, nous ignorant totalement. L'endroit étant assez petit et le sentiment diffus de déranger les religieuses, nous ne sommes pas restés très longtemps. Juste le temps de faire le tour, observer les ruines, les murailles et le clocher, avant de retourner saluer et remercier la Bonne Sœur à l'entrée.
Le moment était venu d'aborder une de nos étapes majeures de ce périple: traverser les steppes désertiques au Sud du pays pour aller découvrir le monastère de David Gareja, juché sur une crête montagneuse qui sert de frontière entre la Géorgie et l'Azerbaïdjan. Sur cette partie là, la destination avait autant d'importance que le trajet, j'avais hâte de découvrir ces paysages déserts.
En quittant la cathédrale, nous avons aussitôt bifurqué en direction du Sud, quittant la route principale et le peu de civilisation encore visible le long de celle-ci.
Dès que nous avons emprunté cette route en terre battue, le paysage à commencé à changer, nous sommes entrés dans une immense plaine aride bordée par une ligne de collines toutes aussi désertiques à l'horizon. Nous avons parcouru la route en ligne droite qui fendait ce paysage lunaire pendant presque une demi-heure avant d'arriver au niveau de ces collines.
Ce paysage me rappelait vaguement les plaines désertiques que j'avais traversé au Maroc pour rallier Marrakech à Essaouira, la chaleur en moins.
Arrivé sur la crête de la ligne rocheuse, nous avons fait un arrêt pour observer le paysage et prendre des photos, puis nous sommes repartis pour descendre l'autre versant et déboucher... sur une autre plaine, encore plus immense. Si la 1ère plaine contenait encore quelques rares traces d'activités humaines (poteaux électriques en bois, quelques cabanes..), celle qui s'étalait devant nous était totalement déserte et brute.
La route tournait vers l'Est, sur notre gauche, pour suivre le fond de la vallée et longer un lac qui était noté sur notre carte, mais en s'en approchant nous avons réalisé que celui-ci était totalement asséché depuis un bon moment. 
De loin, il formait une tâche claire qui tranchait dans le paysage brun, et je m'imaginais que c'était du sel qui formait cette "croûte blanche". Lorsque nous nous sommes arrêtés devant, et que nous sommes descendus marcher sur le fond du lac, j'ai réalisé que c'était en fait de la vase sèche qui formait une couche ressemblant énormément à de la cendre. On s'y enfonçait jusqu'aux chevilles par endroits et elle partait en fumée au moindre mouvement.
Nous y avons pris quelques photos, tout en marchant dans cette texture inhabituelle, avant de rebrousser chemin et tapant longuement nos chaussures couvertes de cette poussière collante.
Après ce lac nous avons franchi une petite colline arborée pour déboucher sur une nouvelle plaine, celle-ci était balafrée par une immense crevasse courant à perte de vue vers l'horizon. Nous sommes alors sortis de la route, passant le Duster en 4 roues motrices pour progresser dans la steppe et s'approcher de ce sillon.
Nous sommes ensuite revenus sur la route, plus ou moins parallèle à ce rift avant de bifurquer vers le sud brusquement et nous amener à descendre le bord du plateau où nous étions. Au loin se devinait un petit village, Udabno. Absolument désert, nous l'avons traversé au ralenti à cause des chevaux sauvages qui déambulaient le long du chemin. 
Nous n'y avons pas vu âme qui vive, ni même aucun signe de vie, pas de voiture de commerce ou quoi que ce soit. Le village se résumait simplement à quelques bâtisses sommaires assez anciennes, un bar fermé et tout autour des bâtiments en béton préfabriqués. 
J'apprendrai plus tard qu'Udabno est en fait une cité "saisonnière" servant de dortoir aux travailleurs venant s'occuper des troupeaux de bétail appartenant aux ranchs disséminés dans les collines, hors de notre vue.
A la sortie de la ville, les plaines désertiques reprenaient aussitôt, les chevaux étaient de plus ne plus nombreux dans le paysage, certains en petits groupes, occupés à brouter les herbes sèches, et d'autres au loin, formant de véritables troupeaux qui galopaient en créant des nuages de poussières visibles de très loin.
Je suis descendu pour tenter de me rapprocher de certains pour saisir quelques images, mais farouches, ils sursautaient dès qu'ils m'apercevaient et détalaient en un éclair.
Quelques kilomètres plus loin, le paysage commença enfin à changer, de plus en plus de collines se dessinaient autour de nous, des crevasses barraient le décor jusque là monotone. Le chemin devint moins linéaire, contournant les massifs rocheux, laissant deviner les prémices des montagnes qui nous attendaient un peu plus loin, au niveau de la frontière.
Finalement, au bout de ce périple de plus de 2 heures (en comptant les arrêts photos), nous avons fini par arriver au monastère de David Gareja tant convoité. 
A flanc de montagne, il est à peine à quelques dizaines de mètres de la frontière située sur la crète rocheuse qui le surplombe. Devant lui s'étalent les "Rainbow Mountains", que nous avons longées en arrivant.
Les Rainbow Mountains sont un ensemble de collines rocheuses au fond de la vallée, composées de diverses couches de roches de toutes les couleurs, formant donc un effet de vagues rocheuses multicolores.
Nous avons ensuite visité le monastère qui est en accès libre et totalement désert, hormis quelques prêtres aperçus devant les habitations troglodytes à coté du monastère proprement dit. 
Avec le grand soleil que nous avions, et l'environnement aride, le monastère nous faisait penser à un fort mexicain, avec sa muraille défensive et même quelques cactus qui poussaient ici et là.
L'édifice est un enchevêtrement de bâtiments, que l'on parcourt via de nombreux petits couloirs, des escaliers étroits et tortueux, des coursives qui débouchent sur des petites terrasses ou des salles sombres, avant de replonger dans les entrailles de la montagnes pour finalement déboucher sur la cour centrale où l'ont peu accéder à l'église, à moitié creusée dans la roche elle aussi.
Nous avons ensuite voulu grimper jusqu'à la crète montagneuse qui surplombait le monastère pour en avoir une belle vue d'ensemble. En faisant le tour des murailles par l'extérieur nous avons aperçu des silhouettes qui se déplaçaient en groupe sur cette crète, pensant à des groupes de randonneurs, nous avons continué à progresser parmi la rocaille et les buissons secs en suivant un petit chemin de terre qui semblait mener vers le sommet.

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