Dans la continuité de ma soif de découverte des anciens pays du bloc soviétique, et plus généralement d'Europe de l'Est (au sens large), nous avions cette fois opté pour un des pays les plus lointains, à la limite de l'asie: La Géorgie, pays montagneux du Caucase et pays natal de Staline avec une histoire riche et des paysages apparemment à couper le souffle.
Pays assez méconnu, je m'étais petit à petit renseigné à son sujet au fil de mes recherches sur les pays de l'ex-bloc soviétique et il a tout de suite retenu mon attention, notamment par la diversité des paysages qu'il semblait contenir (du désert aux montagnes glacées), mais aussi car il y perdurait de nombreux vestiges de l'URSS, les habitants étant plus attachés qu'ailleurs à leur histoire soviétique (sans doute en partie car Staline était originaire du coin). 
Ayant eu une bonne opportunité au niveau des billets d'avion, je me suis envolé de l'autre coté de la mer Noire avec Pierrick et Louis, à la veille de la crise du Covid-19 dont nous ignorions tout de l'ampleur qu'elle prendrait peu de temps après.
A force de parcourir les pays de l'Est, rudes et même parfois assez hostiles, nous avions anticipé et prévu de quoi rester le plus autonome possible pour éviter les déconvenues et les pertes de temps inutiles.

1er JOUR : Aéroport & route vers l'intérieur du pays
Après une étape chez Pierrick à Orléans, où nous nous sommes retrouvés tous les trois, nous avons fait route jusqu'à Beauvais en pleine nuit.
A l'aéroport, nous avions été très étonnés de se retrouver parmi des flots de gens, la plupart étrangers, tous masqués (à ce moment là, on ne parlait même pas du port du masque en France).  Les gens remplissaient les files d'attentes, massés et plus fébriles que d'habitude, comme pressés de quitter le pays, inquiets de la pandémie qui se dessinait à l'horizon.
A ce moment là, toute cette agitation et ces masques nous ont plus fait sourire qu'autre chose, jugeant les gens qui nous entouraient de paranoïaques.
L'avion finit par décoller, après quelques galères avec la sécurité à cause des batteries de mon drones qu'ils auraient prises pour des explosifs. Durant le vol nous avons discutés avec deux géorgiens vivant en France, et parlaient donc français, ils nous donnèrent quelques conseils sur des endroits à aller voir ainsi que sur des détails pratiques. 
En arrivant, nous avons pu observer par les hublots la côte géorgienne sur la mer Noire et les montagnes du Caucase au loin derrière.
Au bout de 4H30 de vol, l'avion s'est posé sur le tarmac de l'aéroport de Koutaïssi, 2eme ville la plus importante du pays ( de toute façon il n'y a que 2 "grandes" villes dans le pays, Koutaïssi et Tbilissi, la Capitale.).
En débarquant nous avons tous eu droit à un test de température, toujours dans le cadre du COVID, qu'ils semblaient prendre beaucoup plus au sérieux que chez nous.
Puis, sur les conseils de nos amis de l'avion, nous nous sommes dirigés vers un kiosque dans le hall pour acheter des cartes SIM prépayées, car nos cartes françaises ne fonctionnaient pas ici.
Enfin, dernière étape avant de pouvoir "commencer" le voyage, nous avons rejoint sur le parking le type à qui j'avais loué un 4x4, un Duster, nécessaire vu l'état du réseau routier, notamment dans les zones où nous voulions nous rendre.
Avec le décalage horaire, il était déjà 16H30 lorsque l'avion s'était posé. La journée commençait doucement à tirer à sa fin alors nous avons filé sans attendre, chargeant les sacs dans le coffre du 4x4 pour prendre la direction de Gori en plein centre du pays.
La route était longue et encombrée de camions de fret, c'était l'axe principale qui traverse le pays d'Est en Ouest ralliant les quelques villes d'importance, dont Gori. Elle serpentait entre des montagnes arides et hautes où des travaux titanesques étaient entrepris pour améliorer son parcours. Nous avons vu beaucoup de chantiers de ponts, de tunnels perçant les montagnes pour tirer au droit plutôt que de zigzaguer autour des montagnes dans le fond de la vallée. 
La nuit est vite tombée, surtout au fond de ces vallées encaissées, et lorsque nous avons retrouvé la plaine, il faisait déjà nuit noire. Un rapide arrêt dans une épicerie au bord de la route pour prendre de quoi déjeuner le lendemain matin puis nous avons rallié notre logement chez l'habitant dans la banlieue de Gori. En nous voyant débarquer, il a réalisé qu'il nous avait totalement oublié et avait déjà loué sa chambre. Bon prince, il nous a mené chez sa mère à quelques rues de là qui louait aussi parfois une partie de sa maison, et nous avons pu disposer de toute l'étage.
Une fois le logement investi, nous sommes allé à la recherche d'un restaurant dans les environs pour le repas du soir. Nous avons atterri dans un petit restau de quartier tout en bois, où se tenait déjà un gros banquet de famille. Dans notre coin, nous avons commandé plus ou moins au hasard car la carte n'était pas traduite. On s'est retrouvé avec des plats copieux de viandes en sauce, très très épicés mais tout de même délicieux. 
Nous nous en sommes tirés pour 7€ par personne, incluant 2 bières chacun, une soupe et le plat principal. C'est une habitude que nous avons pris dans ces pays, de diner tous les soirs dans des restaurants ou des boui-bouis. 
Cela évite de trimballer la nourriture dans la voiture tous les jours comme nous changeons de logement à peu près chaque soir et ça nous permet aussi de découvrir la cuisine locale. D'autant plus qu'un repas nous coûte rarement plus de 8€ et que le midi nous mangeons à la va-vite pour gagner du temps, bon plat copieux le soir est donc toujours bienvenu.
2ème JOUR : Gori, monastères & Tbilissi
Au lever du jour, la vieille dame chez qui nous logions a toqué à la porte pour nous apporter un plateau de nourriture pour le petit déjeuner: 3 cafés, du pain tranché, du fromage et des saucisses industrielles russes roses fluo. Habitués à avaler ce genre de repas suspects, nous avons rapidement déjeuné sur la table basse avant de refaire nos sacs, saluer la patronne, puis grimper dans la voiture pour se rapprocher du centre ville de Gori.
Gori est une petite ville, avec un centre assez restreint et des banlieues résidentielles assez étalées tout autour dans la plaine. Notre première étape, au petit matin fut la vieille forteresse de la ville, perchée sur sa colline en plein centre.
Ruine plutôt bien préservée, elle n'était pas accessible lorsque nous nous y sommes rendus au lever du jour, et de toute façon nous ne comptions pas la visiter, juste l'observer d'en bas et faire voler le drone au dessus pour capturer quelques belles images.
En face de là où nous nous étions arrêtés, il y avait une jolie église où l'écriteau à l'entrée était étonnamment écrit en français. Il s'agissait de " l'Eglise Française de Gori ". Je ne sais pas bien pourquoi et comment ce site existait, mais nous y sommes entrés pour admirer les peintures murales et la décoration bien plus riche et chargée que dans nos austères églises de l'hexagone.  Près de l'autel, des peintres s'activaient, rénovant les fresques ancestrales avec minutie. Je suis resté les observer un certain temps tandis que Louis et Pierrick faisaient le tour des reliques sous verre disposées ici et là.
En sortant de cette église, nous avons pu assister à une procession qui démarrait dans la cour et partait je ne sais où dans la ville à grands renforts de chants et de cloches sonnées à bras le corps.
Nous sommes ensuite revenus dans le centre-ville, sur la place principale, un immense rectangle bétonné, parsemé d'arbres et de bassins vides depuis longtemps. Gori est la ville natale de Staline, et de ce fait, les habitants de la ville lui vouent un culte fort, cette place s'appelle d'ailleurs le "Stalin Park" et on trouve au bout un musée entièrement consacré au dictateur.
Le plus intéressant de ce musée est l'espèce de temple qui a été bâti autour d'une très vieille maison de bois, celle-là même ou Staline est né. Le reste du quartier a été rasé pour laisser place au musée, de son vivant, et seule sa maison subsiste logée sous une sorte de temple devant le musée. Juste à coté trône aussi une statue du dictateur. C'est quasiment un lieu sacré pour les nostalgique de l'URSS et sans aucun doute le lieu touristique majeur de la ville.
Nous n'avons pas pu visiter le musée car fermé à cause de l'épidémie de Covid, nous avons donc simplement fait le tour du bâtiment, observant quelques reliques, tel le wagon de train personnel de Staline, déplacé jusqu'ici depuis Moscou.
Au delà du musée nous avons fait un petit tour à pieds autour de la place et les rues alentours, qui étaient particulièrement calme, pour ne pas dire désertes. Une ambiance étonnante qu'on retrouve assez souvent dans les pays de l'Est et qui contraste avec nos centres-villes hyperactifs.
Après cette balade dans Gori, nous sommes sortis de la ville pour prendre la route direction le Sud, vers les montagnes. A 1h30 de route de Gori, au fin fond d'une vallée aride, se trouve un petit monastère très ancien et son Eglise "Atenis Sioni" bordée des jardins et vergers que les moines entretiennent avec soin. 
Les distances ne sont pas forcément immenses, mais les routes, faites de terre battue, avec souvent des éboulements ou des passages étroits à dépasser prudemment allongent vite les temps de route. 
Nous avons dépassé quelques villages "reculés", de simples maisons faites de bois bordant la route qui le traverse dans sa longueur, quelques paysans dans le bas de la vallée brulaient les herbes sèches, enfumant toute la montagne et le village au passage. Juste à la sortie du village, sur un piton rocheux se dresse l'église flanquée du minuscule monastère. Nous avons été accueillis par un moine qui nous a ouvert le portail et nous a ensuite laissé déambuler librement dans les jardins et dans l'église. Le promontoire derrière l'église offrait une belle vue sur la vallée en contre bas et sur les montagnes tout autour.
Louis est parti discuter avec le moine qui nous avait accueilli, qui lui montra les quelques ruches du monastère, ainsi que les produits de leur jardin qu'ils vendaient. Il en profita d'ailleurs pour acheter un sachet de grains de poivre et d'autres épices ainsi que des bougies de prière fabriquées avec la cire des ruches.
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